Aux héros de Provence

Rédigé par : CNE Yannick QUICHAUD & CNE Olivier BLANC-TAILLEUR, le 20 août 2014

« Évoluer à domicile » sur nos terres provençales reste un plaisir immense !

Et de surcroît, quand il s’est agi de rendre hommage aux libérateurs de la Provence, nous avons ressenti une grande fierté d’avoir été associés aux célébrations du 70e anniversaire du Débarquement des forces alliées en Provence.

La participation de la Patrouille de France aux célébrations a ainsi débuté par une présentation dans le golfe de Saint-tropez devant près de 30 000 personnes le 15 août dernier en début d’après-midi.

Admiratifs du spectacle et du symbole représenté par les couleurs tricolores à cette occasion, tous les plaisanciers ont salué notre prestation en faisant retentir la corne de brume de leurs bateaux ancrés dans le port de Saint-Tropez.

Ce fut un témoignage pour le moins inattendu et très touchant !

A l’issue de cette démonstration, nous nous sommes posés sur la base aéronavale de Hyères, puis nous étions attendus à 19h40 pour assurer l’enchaînement de notre ruban, c’est-à-dire les 10 premières minutes de notre série, devant le Porte-avions Charles de Gaulle à bord duquel le Président de la République prononça une allocution avant de participer à la Revue Navale en présence de quelques ministres et chefs d’Etat africains.

Le lendemain, Toulon nous tendait ses plus belles plages au Mourillon devant 30 000 estivants.

Enfin, nous avons clôturé notre week-end commémoratif en présentant notre série au-dessus des plages du Prado à Marseille le 17 août dernier où 60 000 personnes s’étaient rassemblées.

Que nous ayons pris du plaisir à survoler le golfe de Saint-Tropez, station balnéaire internationalement connue de la côte d’Azur grâce à l’engouement des artistes de la Nouvelle vague puis des « Yéyés » et devenue un site de villégiature de la Jet Set européenne et américaine, la rade de Toulon qui abrite le premier port militaire de France, ou encore la cité phocéenne appelée « l’Athènes des Gaules » selon Chateaubriand, vous aurez compris que ces déplacements tendaient à nous mener au plus petit dénominateur commun, qui s’est traduit par l’hommage unanime de la Nation à ses libérateurs.

« Opération Dragoon »

Le débarquement du 6 juin masque celui du 15 août dans la mémoire collective, ce 70e anniversaire de la Libération a permis de le vérifier.

Or, s’il n’est que second par sa date et les moyens employés, le débarquement en Provence n’en est pas pour autant secondaire. Les deux opérations ont été conçues conjointement par les états-majors alliés.

Celle de Méditerranée – « Anvil » (« enclume », en anglais) – aurait dû avoir lieu en même temps qu' »Overlord ».

Elle a été décalée par manque de péniches de débarquement et pour ne pas ponctionner les fronts italiens avant la prise de Rome.

Mais les Américains l’ont maintenue, contre l’avis des Anglais.

Elle est essentielle pour le général de Gaulle comme pour la population et les résistants, massivement mobilisés depuis le 6 juin et qui paient un lourd tribut – des milliers de morts entre juin et août, dont près de 400 dans les seuls départementaux provençaux entre le 6 et le 17 juin –, alors qu’en Normandie les Alliés piétinent.

Au matin du 15 août 1944, entre Cavalaire et Saint-Raphaël, commence l’opération Dragoon, nom de code du débarquement complémentaire de celui du 6 juin en Normandie.

Face aux unités de la 19e armée allemande, intervient la 7e armée américaine du général Patch, qui comprend le 6e corps d’armée US, une division aéroportée et l’armée B française.

Il est convenu que dès son engagement à terre, cette armée B passe uniquement sous commandement français, celui du général de Lattre de Tassigny.

Tandis que les Américains s’avancent vers la Haute-Provence et la vallée du Rhône, les troupes françaises s’emparent des ports de Toulon et de Marseille, après de durs combats, bien avant la date prévue.

Au lieu d’attendre un regroupement général, le général de Lattre de Tassigny a décidé d’envoyer vers ces villes les unités au fur et à mesure de leur arrivée à terre.

De leur côté, les résistants, en alerte dès le 6 juin et déjà aux prises, dans certains secteurs alpins, avec les Allemands, participent à cette libération, renseignant, guidant ou faisant le coup de feu.

Le 26 août, à l’issue de violents affrontements, Toulon recouvre la liberté.

C’est la première grande ville libérée en Provence par l’armée française.

Les troupes françaises à forte composante coloniale, Algériens et Marocains en particulier, s’illustrent lors de cette bataille.

Le 28 août 1944, les hommes du général de Lattre de Tassigny rejoignent les Alliés à la poursuite des Allemands.

Petit à petit, les villes tombent et, dès septembre, les combattants d’Overlord et de Dragoon se rejoignent en Bourgogne.

Ensemble, ils poursuivront leur épopée qui les conduira jusqu’au coeur du territoire du IIIe Reich.

Revue Navale

Cette année de commémoration du 70e anniversaire du débarquement de Provence a été l’occasion de rendre hommage au courage et au sacrifice des soldats à travers une revue navale et un défilé aérien auxquels purent assister les chefs d’État des pays ayant participé à ces combats.

Ils ont été accueillis par le Président de la République sur le porte-avions Charles de Gaulle au large de Toulon en compagnie de 150 vétérans venus d’Algérie, du Maroc, des Etats-Unis, de Guinée, de Russie, de Tunisie, du Sénégal ou encore du Mali et quelques 850 invités.

La revue navale et le défilé aérien s’est décomposée en 4 tableaux représentatifs des trois types de missions qui, de tout temps, sont menées par la marine nationale : les opérations permanentes, les opérations extérieures, et l’action de l’État en mer.

Le chef de l’Etat français a rappelé au cours de son allocution que « c’est au Sud que l’Europe doit son salut. Le deuxième acte de la libération s’est joué en Provence il y a 70 ans, et c’est ici que la France s’est libérée par elle-même. »

Nous remercions chaleureusement Jean-Pierre Tuveri, maire de la ville de Saint-Tropez, Hubert Falco, sénateur-maire de la ville de Toulon ainsi que Julien Ruas, adjoint au maire de la ville Marseille pour l’accueil qu’ils ont réservé à notre formation.

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