J’ai volé avec la Patrouille de France

Rédigé par : LTT Arnaud Martin de Frémont, le 3 août 2018

Si vous n’êtes pas pilote de chasse, monter à bord d’un Alphajet de la patrouille de France reste une gageure quasi inaccessible. Toutefois d’autres personnes ont parfois la chance de prendre place à bord. Il y a bien évidemment les mécaniciens, qui volent avec leur pilote tout au long de la saison, mais les autres membres du personnel de l’unité ont parfois l’occasion d’occuper la place arrière des célèbres avions de chasse tricolores.

Lillian, jeune volontaire aspirant affecté à la cellule communication, a pu concrétiser son rêve. Il a effectué son premier vol au sein de la patrouille de France à l’occasion d’un déplacement entre le meeting de Lunéville et la base aérienne de Villacoublay.

Chaque année, l’armée de l’air recrute des diplômés de l’enseignement supérieur en offrant des postes de volontariat partout en France dans différents domaines. Il s’agit d’un contrat d’un an renouvelable qui permet d’appréhender le milieu militaire et de se forger une première expérience professionnelle.

Notre communiquant, encore étudiant il y a quelques mois, a donc saisi l’opportunité d’un poste offert à la Patrouille de France.

Après avoir effectué un mois de formation militaire au sein de l’Ecole de l’air, il a rejoint l’unité en janvier 2018. En saison des meetings, son rôle consiste à aider sa hiérarchie pour les relations de l’équipe avec la presse et le public. Après une première participation au meeting de Nancy, c’est lors de son deuxième déplacement qu’il s’est vu offert cette opportunité. Il nous raconte son expérience.

 

“ Lillian, votre chef vous a annoncé que vous alliez voler au sein de la patrouille, comment avez vous pris la nouvelle ?

J’ai ressenti beaucoup de joie et d’étonnement car je venais juste d’obtenir mon aptitude médicale pour le siège éjectable. Je n’ai pas réalisé tout de suite, mais après quelques instants je me suis dit que j’avais de la chance et j’en ai fait part à mes proches. J’ai notamment appelé mon père, ancien mécanicien avion de l’armée de l’air, qui était encore plus excité que moi.

Le jour J, vous êtes arrivé tôt avec les mécaniciens pour votre préparation au vol, racontez nous :

J’ai tout de suite été pris en compte par le chef de piste, l’adjudant-chef Patrice. Il m’a aidé à m’équiper et notamment m’a montré comment régler correctement la combinaison anti G. Il m’a ensuite confié à l’adjudant-chef Franck, mécanicien armurier pour me rappeler les règles de sécurité à bord, m’aider à mettre le gilet de sauvetage et m’attacher correctement avec la radio, le système de survie, le siège éjectable, l’oxygène. Beaucoup de choses à assimiler.

Vous étiez dans l’avion du leader, comment s’est passé le contact et l’échange avec le lieutenant-colonel Gauthier Dewas ?

Le contact a été très naturel, on a fait une photo souvenir juste avant le départ et après il m’a parlé tout simplement comme au sol. Pendant le vol on a moins discuté que ce que je pensais, d’abord parce qu’il est très pris pour gérer toute l’équipe et ensuite parce qu’effectivement je profitais de la vue extraordinaire et du moment présent. Après s’être assuré que j’allais bien, il m’a quand même expliqué les mouvements qu’il allait faire et nous avons également parlé des paysages que nous traversions.

Pas de voltige ?

Non un vol de transit à plat, ce qui n’est pas forcément plus mal pour un premier vol.

Et à l’arrivée quel était votre ressenti ?

Heureux ! A la descente de l’avion, j’ai serré la main du pilote avec qui j’ai partagé ce moment magique et mon sourire ne m’a pas quitté pendant un bon moment.

J’ai eu la chance de pouvoir faire d’autres vols avec les avions de transport de l’armée de l’air, mais c’était mon tout premier vol en chasseur. J’avais un peu l’appréhension d’être malade, mais tout s’est bien passé et en définitive c’est le vol où je me suis senti le plus à l’aise.

C’est quoi la suite pour vous ?

J’aimerai tenter la sélection des élèves officier du personnel navigant (EOPN) et pourquoi pas devenir pilote de Rafale. Originaire de St Dizier, c’est un avion avec lequel j’ai grandi et que je trouve magnifique.

Et au sein de la patrouille de France ?

Si je peux faire un autre vol, ma raison me dirait de demander à être derrière un des extérieurs pour progresser, mais mon cœur m’attire vers les solos. “

En attendant de voir Lillian piloter peut être un jour un Rafale, nous lui souhaitons une bonne fin de saison.

Lillian pris en charge par Franck pour finir de brancher les équipements.

Photo souvenir avec le Leader juste avant le vol.

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