Le convoyage aller, le début de l’aventure

Rédigé par : ASP Emmanuelle JOURDAN, le 24 mars 2017

Après de longs mois de préparation, le temps était enfin venu pour nous de commencer ce périple, en direction de l’Amérique du Nord. Le grand départ a eu lieu le 17 mars. 10 Alphajet et un A400 M chargé de transporter 52 militaires ainsi que 25 tonnes de fret ont quitté la base aérienne de Salon-de-Provence.

 

Nous nous sommes tout d’abord arrêtés sur la base d’Orléans, afin de refaire les pleins de nos avions, puis nous avons repris notre convoyage. Arrêt suivant : Lossiemouth, base de la Royal Air Force britannique, située en Écosse. Elle est l’une des deux bases du pays hébergeant l’Eurofighter Typhoon FGR4. Nous y avons passé deux jours, car la météo sur le trajet suivant n’était pas favorable avant.

 

C’est à partir de Lossiemouth que nous étions accompagnés par un Falcon 50M de la flottille 24F de la Marine Nationale. Il avait pour mission le sauvetage aéro-maritime (SAMAR) sur toute la durée du convoyage. Il était en quelque sorte notre ange gardien lors de nos grands trajets au-dessus de l’eau, grâce à sa mission de Search and Rescue (SAR). Il précédait nos Alphajet en vol, et son équipage surveillait la météo aux alentours et était prêt à nous porter assistance en cas d’éjection, notamment en lançant des canots de sauvetage et en prévenant toute la chaîne de secours (bateaux aux alentours susceptibles de se dérouter, moyens de recherche maritimes, etc).

Le 19 mars, nous sommes tous repartis, en direction de l’Islande cette fois, et plus précisément de Keflavik.

 

Le lendemain, nous avons pris la route du Grand Nord. L’aéroport de Kangerlussuaq, petite commune du Groenland (pays constitutif du Danemark) située à l’intérieur du cercle polaire Arctique, nous a accueillis. Cette ancienne base militaire est aujourd’hui un aéroport international. Kangerlussuaq signifie « grand fjord » en groenlandais. En effet, il s’agit du plus long fjord de l’ouest du Groenland : 190 km de long, et entre 1,5 km et 800 m de large.

Les températures étaient proches des -27°C. Nos mécaniciens ont mis en œuvre toute leur expertise pour que ce froid extrême n’affecte pas les avions.

Un problème technique sur le Falcon ne nous a pas permis de décoller comme nous le souhaitions l’après-midi du 20 mars. Nous y sommes donc restés deux jours, le temps que la panne soit résolue.

 

Le 22 mars, nous nous sommes envolés pour le continent américain. Après une rapide escale sur la base canadienne de Goose Bay, pour refaire le plein des Alphajet, nous sommes arrivés à Bagotville. Prochaines étapes : le survol de la statue de la Liberté le 25 mars, le survol de Washington le 26 mars  et le meeting de Melbourne le 1er avril.

Crédit photo : Armée de l’air/EPAA/Sirpa Air

 

 

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