« Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné »

Rédigé par : ASP Emmanuelle JOURDAN, le 6 octobre 2017

Alors que la saison 2017 est en train de se terminer, nous étions ce weekend sur la côte basque, à Anglet (Pyrénées-Atlantiques).

Samedi après-midi, nous avons défilé au-dessus de la ville, dans le cadre d’une cérémonie en hommage à Georges Guynemer et au centenaire de sa disparition.

 

Né le 24 décembre 1894, Guynemer a vu sa vie prendre un tournant à Anglet. Après le début de la Première Guerre mondiale en 1914, alors qu’il séjourne dans la région, il voit des avions militaires sur la plage. Il sait désormais qu’il veut devenir pilote. Il y arrivera, malgré une santé fragile. Plus tard, il intègrera l’escadrille des « Cigognes », célèbre unité aéronautique militaire française, à laquelle ont appartenu de nombreux pilotes mythiques qui se sont illustrés pendant la Grande Guerre.

Le 11 septembre 1917 au matin, le capitaine Georges Guynemer décolle de Saint-Pol-sur-Mer (Nord) aux commandes de son SPAD XIII nommé « Vieux Charles » (comme tous ses précédents avions), en compagnie d’un autre avion piloté par le sous-lieutenant Jean Bozon-Verduraz. Ils doivent effectuer une mission de reconnaissance en Flandre. C’est à Poelkapelle, en Belgique, que le destin de Guynemer a été funestement scellé.

Son chef d’escadrille, le commandant Brocard, s’exprima au sujet de ce décès au combat, dans le journal Le Matin:

 » À 4 600 mètres de hauteur Guynemer aperçut un biplace ennemi auquel il livra aussitôt combat. Presque en même temps, le lieutenant Bozon-Verduraz vit quatre monoplans ennemis qui, à toute vitesse, accouraient vers le théâtre du duel aérien. Il se porta immédiatement à leur rencontre afin de détourner leur attention. Les avions tournoyèrent quelque temps, puis disparurent. Alors le lieutenant Bozon-Verduraz retourna vers l’endroit où il avait laissé Guynemer aux prises avec son adversaire. Mais il n’y avait plus rien. C’est tout, absolument tout. [L’affaire a eu lieu] à dix kilomètres au nord-est d’Ypres et à huit kilomètres environ à l’intérieur des lignes allemandes, ce qui ôte toute possibilité d’une chute dans la mer, distante d’au moins quarante kilomètres.  »

Guynemer n’est jamais revenu de cette mission. Les causes précises de sa mort sont toujours inconnues. Il a pu être tué dans le crash de son avion. Il a également pu y survivre, mais être ensuite abattu par des tirs d’artillerie. On n’a jamais retrouvé son corps.

 

Avec 53 victoires aériennes homologuées, cet As de la Première Guerre mondiale est devenu un modèle pour tous les aviateurs de l’armée de l’air, grâce à sa ténacité, son courage, son talent. Sa phrase « Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné » est la plus pure preuve de cet état d’esprit du combattant. C’est d’ailleurs la devise de l’École de l’Air implantée sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence, où nous sommes également installés.

Lors du meeting du dimanche 1er octobre, la météo n’était malheureusement pas de notre côté, et de ce fait, nous n’avons pas pu effectuer notre démo, pour des raisons de sécurité des vols. Le Rafale solo display a en revanche pu présenter ses évolutions sur les plages d’Anglet, devant 15 000 personnes présentes malgré le mauvais temps.

Nous serons présents aujourd’hui 06 octobre sur la base aérienne 116 de Luxeuil, toujours dans le cadre des cérémonies du centenaire du décès de Georges Guynemer.

 

Crédits photos :

ADJ Michel Jouary

Karine Pierret-Delage / Ville d’Anglet

 

 

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